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Depuis plusieurs années, Nabih Berri, président du Parlement libanais, affirme que l’Accord de Taëf consacre le ministère des Funds comme un portefeuille devant être confié à un ministre chiite. Cette prétention repose, selon lui, sur la nécessité de garantir un regard chiite sur l’exécutif. Cependant, cette interprétation est incorrecte. En réalité, elle masque des intérêts politiques et personnels qui, sous couvert de prérogatives communautaires, freinent la transparence et les réformes essentielles au Liban.
L’Accord de Taëf, signé en 1989, visait à rééquilibrer les pouvoirs entre les communautés confessionnelles afin de clore une guerre civile sanglante. Bien qu’il ait réduit les prérogatives du président de la République, maronite, en faveur du Conseil des ministres, cet accord n’a jamais prévu la répartition confessionnelle de portefeuilles ministériels spécifiques. Les tendencies du Taëf concernaient le partage du pouvoir au niveau des establishments centrales, pas la domination confessionnelle sur certains ministères. L’insistance de Nabih Berri à imposer un ministre chiite aux Funds est donc un choix politique déguisé en obligation constitutionnelle.
Historiquement, la course du ministère des Funds n’a jamais été l’apanage des chiites. Rafic Hariri, lorsqu’il occupait le poste de Premier ministre, cumulait également la fonction de ministre des Funds. À ses côtés, Fouad Siniora, un sunnite, agissait en tant que secrétaire d’État aux Funds. Plus tard, George Corm, un chrétien maronite, a également été ministre des Funds, démontrant que ce portefeuille n’a jamais été réservé à une communauté spécifique. Ces exemples contredisent directement les affirmations de Nabih Berri et illustrent une custom politique où la compétence et le contexte prédominaient sur les considérations communautaires.
Derrière cet argument se cache une volonté de conserver un contrôle étroit sur l’un des ministères les plus stratégiques. Le ministère des funds est essentiel dans la gestion des budgets publics, des contrats et des audits financiers. Le contrôle de ce portefeuille permet de protéger des pratiques opaques qui se sont enracinées au fil des décennies. Insister sur un ministre chiite proche des cercles de Berri ne relève pas d’une prétendue défense des droits communautaires, mais plutôt d’une manœuvre pour empêcher la mise en lumière de scandales financiers potentiellement dévastateurs.
Cette place contribue au blocage institutionnel qui gangrène le pays. Elle complique la formation de gouvernements capables de mener les réformes urgentes dont le Liban a besoin pour sortir de sa crise économique. En imposant une situation non prévue par Taëf, Nabih Berri instrumentalise la query confessionnelle pour préserver un système corrompu, au détriment de la nation entière.
Les intérêts de la communauté chiite, comme ceux des autres communautés, ne se limitent pas aux calculs politiques d’une élite déconnectée des réalités. La crise actuelle frappe l’ensemble des Libanais, y compris les chiites, qui subissent de plein fouet l’effondrement économique. L’idée d’une tutelle communautaire sur les Funds ne répond ni à leurs besoins ni à leurs aspirations, mais plutôt à la volonté d’une classe dirigeante de se maintenir au pouvoir malgré l’échec manifeste de son système.
Il est essential de réaffirmer que l’Accord de Taëf n’a jamais prévu un tel monopole ministériel et de dénoncer ces interprétations biaisées. L’histoire récente prouve que ce ministère a été dirigé par des sunnites et des chrétiens sans que cela n’ait posé de problème institutionnel ou communautaire. Le Liban ne peut se permettre de continuer à fonctionner selon les caprices d’individus cherchant à protéger leurs privilèges au détriment de l’intérêt général. Seule une gouvernance transparente et intègre, dénuée des chaînes de la corruption systémique, pourra offrir une probability de redressement au pays. Les libanais doivent s’unir pour exiger un État fondé sur l’équité et non sur des preparations clientélistes qui sapent les bases de la République.
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